Mois sans tabac : pourquoi tenir 30 jours change tout, et quelles aides gratuites ou remboursées pour arrêter de fumer

Chaque mois de novembre, des dizaines de milliers de fumeurs tentent d'arrêter ensemble. Le principe n'a rien d'un gadget : un mois sans cigarette multiplie par cinq les chances d'arrêter durablement. Patchs remboursés, 39 89, application : les outils à connaître.

Main écrasant une cigarette sur une table en bois, à côté d'un verre de thé, de gommes à mâcher et d'un patch nicotinique sans marque.
Image Omni-Vision

Le 1er novembre, des fumeurs écrasent ce qu’ils espèrent être leur dernière cigarette. Pas tous au même moment, ni pour les mêmes raisons, mais avec un objectif commun : tenir trente jours. Depuis 2016, le Mois sans tabac a réuni plus de 2,5 millions de participants, et plus de 117 000 fumeurs se sont inscrits en 2025, selon Santé publique France. L’édition 2026, la onzième, s’ouvre aujourd’hui.

Le principe peut sembler simple, presque naïf. Il repose pourtant sur une logique éprouvée, et sur des aides concrètes que beaucoup de fumeurs ignorent, à commencer par le remboursement des substituts nicotiniques.

Pourquoi trente jours, et pas une semaine ou un an

L’idée de l’opération est de fixer un objectif à portée de main. Arrêter pour toujours paraît vertigineux ; arrêter un mois semble possible. Or ce premier mois compte énormément. Selon Santé publique France, arrêter de fumer pendant trente jours multiplie par cinq les chances d’arrêter définitivement.

L’effet collectif joue aussi. Selon l’agence, tenter d’arrêter pendant l’opération double les chances de réussite à un an, par rapport à une tentative faite sans aucune aide extérieure. Arrêter en même temps que des milliers d’autres personnes, avec des messages d’encouragement, des groupes d’entraide et des professionnels mobilisés, aide à franchir les premières semaines, les plus difficiles.

Avant chaque édition, une campagne nationale prépare le terrain. En 2026, la campagne « Devenir ex-fumeur », diffusée du 1er octobre au 1er novembre à la télévision, sur internet et par affichage, a mis en avant le chemin parcouru vers l’arrêt et les aides disponibles.

L’enjeu est considérable. Selon Santé.fr, plus de 13 millions de personnes fument en France, et plus de la moitié souhaitent arrêter. Le baromètre 2024 de Santé publique France estime à 55 % la proportion de fumeurs quotidiens qui ont envie d’arrêter. Le tabac reste une cause majeure de cancers, de maladies cardiovasculaires et d’insuffisance respiratoire, et les dernières estimations de Santé publique France lui attribuent plus de 68 000 décès prématurés en 2023, environ 11 % de l’ensemble des décès.

On n’arrête pas de fumer pour toujours un 1er novembre : on arrête pour trente jours, et c’est ce premier mois qui ouvre la voie au reste.

Les substituts nicotiniques, remboursés à 65 %

La dépendance au tabac est en grande partie une dépendance à la nicotine. Les substituts nicotiniques apportent à l’organisme de la nicotine en quantité comparable, mais sans la toxicité de la fumée de cigarette, explique Santé.fr. À une dose adaptée, ils réduisent la sensation de manque, et la dépendance physique disparaît progressivement. La Haute Autorité de santé les recommande en première intention aux fumeurs qui souhaitent être aidés par un traitement, car ils augmentent les chances de réussite.

FormeActionUsage typique
PatchLente, diffusion continue sur la journéeCouvrir le besoin de fond en nicotine
Gommes à mâcher, pastillesRapideRépondre à une envie soudaine
InhaleurRapideRemplacer aussi le geste

Beaucoup de fumeurs l’ignorent : ces traitements sont remboursés. Depuis 2018, selon Santé.fr, les substituts nicotiniques inscrits sur la liste des produits remboursables sont pris en charge comme les autres médicaments, à 65 % par l’Assurance maladie, les complémentaires santé prenant en charge le reste. Ce régime a remplacé l’ancien forfait d’aide au sevrage de 150 euros par an. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et les personnes en affection de longue durée dont les substituts figurent dans le protocole de soins sont remboursés à 100 %.

Pour être remboursé, il faut une ordonnance. Outre le médecin, plusieurs professionnels de santé peuvent prescrire ces traitements, notamment les sages-femmes, les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes et les chirurgiens-dentistes. Le remboursement permet aussi la dispense d’avance de frais en pharmacie, et un prix identique dans toutes les officines.

Le 39 89, l’application et l’accompagnement gratuit

Les substituts ne font pas tout. La dépendance au tabac est aussi comportementale et psychologique : la cigarette du café, celle de la pause, celle du stress. Pour l’affronter, plusieurs outils gratuits existent, rappelés par Santé publique France.

La ligne 39 89 de Tabac info service permet d’échanger avec un tabacologue et de bénéficier d’un suivi personnalisé, à distance et gratuitement. Selon Santé.fr, elle est joignable du lundi au samedi, de 8 heures à 20 heures, pour le prix d’un appel non surtaxé. L’application de Tabac info service propose un programme de coaching gratuit, adapté aux motivations, aux inquiétudes et aux habitudes de vie de chacun. Le site tabac-info-service.fr rassemble des conseils, des témoignages et des réponses aux questions fréquentes.

OutilCe qu’il apporteCoût
Ligne 39 89Échange et suivi avec un tabacologueGratuit, appel non surtaxé
Application Tabac info serviceProgramme de coaching personnaliséGratuit
Substituts nicotiniques sur ordonnanceRéduction du manque physiqueRemboursés à 65 %, reste en général couvert par la complémentaire
Inscription au Mois sans tabacDéfi collectif, encouragements, ressourcesGratuit

Ce remboursement n’est pas né par hasard. Selon Santé.fr, il découle du Plan priorité prévention de mars 2018 et du programme national de lutte contre le tabac 2018-2022, qui visaient à rendre les traitements d’aide à l’arrêt accessibles à tous les fumeurs, et en particulier aux plus défavorisés.

L’opération est menée par Santé publique France et le ministère de la Santé, en partenariat avec l’Assurance maladie, et relayée partout en France par des associations, des collectivités, des entreprises et des professionnels de santé, avec l’appui des agences régionales de santé.

Les premières semaines : préparer l’arrêt

Arrêter se prépare. Identifier les moments où l’envie de fumer est la plus forte permet d’anticiper : changer d’habitude au café, prévoir une activité pendant la pause, garder des gommes ou des pastilles à portée de main. Se débarrasser des cigarettes, des briquets et des cendriers évite les tentations faciles. Prévenir son entourage peut aussi aider, à condition qu’il soutienne sans culpabiliser.

L’envie de fumer revient souvent par vagues, avec une irritabilité, une difficulté à se concentrer ou un sommeil perturbé pendant les premiers jours. Ces symptômes de manque sont précisément ce que les substituts, bien dosés, permettent d’atténuer. Si l’envie reste forte malgré le traitement, mieux vaut en parler au professionnel qui a prescrit le traitement ou au tabacologue du 39 89.

Enfin, une rechute n’est pas un échec définitif. La plupart des anciens fumeurs ont fait plusieurs tentatives avant de réussir, et chaque tentative apprend quelque chose sur ses propres pièges. L’air plus sain du logement, débarrassé de la fumée comme des autres sources de pollution de l’air intérieur, en est un bénéfice immédiat, pour soi comme pour ses proches.

Questions fréquentes

Pourquoi le Mois sans tabac dure-t-il 30 jours ?

Parce qu'un arrêt de 30 jours multiplie par cinq les chances d'arrêter de fumer définitivement, selon Santé publique France. Tenter d'arrêter pendant l'opération double aussi les chances de succès à un an, par rapport à une tentative sans aide.

Les patchs et gommes à la nicotine sont-ils remboursés ?

Oui, sur prescription. Depuis 2018, les substituts nicotiniques inscrits sur la liste des produits remboursables, patchs, gommes et pastilles, sont pris en charge à 65 % par l'Assurance maladie comme les autres médicaments, la complémentaire santé couvrant en général le reste. La prise en charge est à 100 % pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et dans certaines affections de longue durée.

Qu'est-ce que le 39 89 ?

C'est la ligne téléphonique de Tabac info service. Elle permet d'échanger gratuitement avec un tabacologue et de bénéficier d'un suivi personnalisé. Selon Santé.fr, elle est accessible du lundi au samedi, de 8 heures à 20 heures, pour le prix d'un appel non surtaxé.

Faut-il s'inscrire pour participer au Mois sans tabac ?

L'inscription, gratuite, se fait sur le site de l'opération, ouverte depuis le 1er octobre pour l'édition 2026. Elle donne accès à des outils de soutien, mais il est possible de relever le défi à tout moment de l'année avec les mêmes aides : 39 89, application de coaching et substituts nicotiniques.

Sources

  • Santé publique France, communiqué « Mois sans tabac 2026 : ouverture des inscriptions », 1er octobre 2026
  • Santé.fr, « Dispositif d'accompagnement à l'arrêt du tabac », 9 août 2024

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