Trottinette électrique : où a-t-on le droit de rouler, à quel âge, avec quel équipement, et que risque-t-on ?

Trottoir interdit, 25 km/h maximum, pas avant 14 ans, assurance obligatoire : la trottinette électrique obéit à un code précis, souvent ignoré de ses utilisateurs. Le point complet sur les règles, les équipements et les amendes.

Usager vu de dos, casqué et équipé d'un gilet réfléchissant roulant en trottinette électrique sur une piste cyclable, dans une rue en automne.
Image Omni-Vision

Huit heures du matin, un trottoir étroit de centre-ville. Une trottinette électrique surgit dans le dos d’une passante, la frôle à pleine vitesse, slalome entre une poussette et un livreur, puis disparaît au coin de la rue. La scène est devenue banale dans beaucoup de villes, et elle illustre une méconnaissance très répandue : la trottinette électrique n’a, en principe, rien à faire sur le trottoir.

Depuis qu’elle est entrée dans le Code de la route, sous l’appellation d’engin de déplacement personnel motorisé, la trottinette électrique obéit à des règles précises : âge minimum, vitesse plafonnée, voies autorisées, équipements obligatoires, assurance. Service-Public en détaille l’ensemble. Elles valent aussi pour les gyropodes, les hoverboards, les monoroues et les petits engins électriques à selle.

Un véhicule, pas un piéton

La distinction de départ est simple. Selon Service-Public, les engins sans moteur, trottinette classique, rollers ou skateboard, sont assimilés à des piétons. Ils circulent sur le trottoir, à 6 km/h, et respectent les feux piétons. Les engins motorisés, eux, sont des véhicules : trottinette électrique, gyropode, hoverboard, monoroue et cyclomobile léger, un petit engin électrique à deux roues muni d’un siège, de 30 kilos au plus.

EnginStatutOù circuler
Trottinette électrique, gyropode, hoverboard, monoroueEngin motorisé, assimilé à un véhiculePistes et bandes cyclables, à défaut routes à 50 km/h
Trottinette sans moteur, rollers, skateboardAssimilés à des piétonsTrottoir, à 6 km/h
Vélo d’adulteVéhiculeRoute ou piste cyclable
Vélo d’enfant de moins de 8 ansAssimilé à un piétonTrottoir, à 6 km/h, casque obligatoire

Pour les engins motorisés, deux règles s’appliquent partout : l’âge minimum est de 14 ans, et la vitesse maximale est de 25 km/h. Le transport d’un passager est interdit, sous peine d’une amende de 135 euros. Le port d’écouteurs ou d’un casque audio est également interdit.

En ville : la piste cyclable d’abord, le trottoir jamais par défaut

En agglomération, selon Service-Public, la trottinette électrique doit circuler sur les pistes et bandes cyclables lorsqu’elles existent. À défaut, elle peut emprunter les routes limitées à 50 km/h, ainsi que les aires piétonnes, à l’allure du pas, soit 6 km/h.

Le trottoir est interdit, sauf si le maire l’autorise par arrêté. Dans ce cas, la vitesse est limitée à 6 km/h et l’usager ne doit pas gêner les piétons. Rouler en dehors des zones autorisées coûte 135 euros d’amende. Les voies privées, elles, restent accessibles.

Le stationnement obéit à une logique différente. La trottinette peut être garée sur le trottoir, à condition de ne pas gêner la circulation des piétons et sauf interdiction du maire. Paris fait exception : le stationnement des trottinettes en libre-service sur le trottoir y est interdit, avec une amende de 35 euros, plus d’éventuels frais de fourrière.

Une trottinette électrique est un véhicule : sa place est sur la piste cyclable ou la chaussée, pas au milieu des piétons.

Hors agglomération : des routes ouvertes au cas par cas

À la campagne ou entre deux villes, les possibilités sont plus restreintes. Selon Service-Public, la trottinette électrique peut emprunter les pistes cyclables et les voies vertes. Les routes limitées à 80 km/h ne lui sont ouvertes que si l’autorité chargée de la police de la circulation l’autorise. Là encore, le trottoir reste interdit sauf autorisation du maire, à 6 km/h.

Sur ces routes à 80 km/h, les exigences de sécurité se durcissent : le port du casque devient obligatoire, tout comme un équipement rétroréfléchissant, gilet ou brassard, et les feux de position doivent être allumés, même de jour. Ailleurs hors agglomération, l’équipement rétroréfléchissant est exigé la nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante.

Équipements obligatoires, casque et visibilité

Une trottinette électrique doit être équipée d’un minimum de dispositifs de sécurité. Selon Service-Public, elle doit disposer de freins, d’un avertisseur sonore, de feux de position avant et arrière, et de catadioptres arrière et latéraux. Ces derniers ne sont pas exigés si les pneus en sont déjà munis. Des feux supplémentaires, un feu stop ou des clignotants sont facultatifs.

ÉquipementObligation
Freins et avertisseur sonoreObligatoires
Feux de position avant et arrièreObligatoires
Catadioptres arrière et latérauxObligatoires, sauf pneus déjà réfléchissants
Gilet ou équipement rétroréfléchissantObligatoire la nuit ou par mauvaise visibilité, toujours sur route à 80 km/h
CasqueObligatoire sur route à 80 km/h, et en ville là où un arrêté l’impose

Le casque fait l’objet de règles locales. En agglomération, il est obligatoire à Paris et dans plusieurs départements, notamment les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Alpes-Maritimes ou l’Yonne, une liste que Service-Public présente comme non exhaustive. Le plus simple est de vérifier l’arrêté de sa préfecture, et de le porter dans tous les cas : sur un engin capable d’atteindre 25 km/h, une chute sur la tête n’a rien d’anodin. La visibilité compte tout autant, en particulier à l’automne, quand le passage à l’heure d’hiver fait tomber la nuit à l’heure du retour du travail.

Assurance obligatoire et amendes

C’est l’obligation la plus souvent négligée. Selon Service-Public, l’assurance de responsabilité civile est obligatoire pour une trottinette électrique. Elle couvre les dommages causés à autrui, par exemple à un piéton renversé. L’assurance habitation, qui couvre souvent la trottinette classique ou les rollers, ne suffit en général pas pour un engin motorisé : il faut souscrire une garantie spécifique. Pour une trottinette en location, il convient de vérifier les garanties prévues par le contrat de l’opérateur.

Les sanctions de base sont connues. Rouler hors des zones autorisées ou transporter un passager coûte 135 euros. Pour les utilisateurs d’engins sans moteur, quitter le trottoir ou ignorer un feu piéton expose à une amende de 4 euros, la même que pour un piéton. Les usagers de trottinettes classiques et de rollers doivent aussi traverser sur les passages piétons situés à moins de 50 mètres.

Ces règles s’insèrent dans un ensemble plus large, qui concerne aussi les vélos. Selon Service-Public, un vélo d’adulte circule sur la route ou la piste cyclable, et ne peut emprunter le trottoir que si son conducteur marche à côté. Le casque est obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans, et vivement recommandé au-delà. Un enfant de moins de 8 ans sur un petit vélo est assimilé à un piéton : il roule sur le trottoir, à 6 km/h, casque sur la tête. Dans une même famille, chacun obéit donc à un régime différent selon son engin et son âge, ce qui explique bien des confusions sur les trottoirs.

Les cyclomobiles légers méritent une mention à part. Ces petits engins électriques à deux roues, équipés d’un siège mais sans selle arrière ni porte-bagages, et pesant au plus 30 kilos à vide, suivent exactement les mêmes règles que les trottinettes électriques : âge minimum, vitesse, voies autorisées, équipements, casque et assurance.

Quelques réflexes suffisent à rouler en règle : vérifier son âge et son assurance avant d’acheter, privilégier les pistes cyclables, ne jamais monter à deux, ranger les écouteurs, porter un casque et un gilet réfléchissant dès que la lumière baisse. Et garder en tête qu’un piéton sur un trottoir ne s’attend pas à croiser un engin à 25 km/h.

Questions fréquentes

A-t-on le droit de rouler en trottinette électrique sur le trottoir ?

Non, sauf si le maire l'autorise, et alors à 6 km/h au maximum sans gêner les piétons. En agglomération, la trottinette électrique doit emprunter les pistes et bandes cyclables lorsqu'elles existent, à défaut les routes limitées à 50 km/h. Rouler hors des zones autorisées expose à une amende de 135 euros.

À partir de quel âge peut-on conduire une trottinette électrique ?

L'âge minimum est de 14 ans pour toutes les trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnel motorisés, comme les gyropodes, les hoverboards ou les monoroues.

Le casque est-il obligatoire en trottinette électrique ?

Hors agglomération, sur les routes limitées à 80 km/h ouvertes aux trottinettes, le casque est obligatoire, avec un équipement rétroréfléchissant et les feux allumés. En agglomération, il est imposé à Paris et dans plusieurs départements par arrêté ; ailleurs, il reste vivement conseillé, et un équipement réfléchissant est exigé la nuit ou par faible visibilité.

Faut-il une assurance pour une trottinette électrique ?

Oui. L'assurance de responsabilité civile est obligatoire pour une trottinette électrique personnelle, comme pour un véhicule à moteur. Pour une trottinette en location, il faut vérifier les garanties prévues par le contrat de l'opérateur.

Sources

  • Service-Public.fr, « Circulation à trottinette électrique, hoverboard, gyropode, rollers ou skateboard », fiche F308, vérifiée le 11 août 2026

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