Le zona est-il contagieux ? Ce qu'il transmet vraiment, qui doit se méfier, et pourquoi le vaccin est recommandé après 65 ans

On ne peut pas attraper un zona au contact d'un malade, mais on peut y attraper la varicelle. Derrière cette nuance se cache un virus qui dort parfois des décennies dans nos nerfs, et un vaccin que moins d'un senior sur dix a reçu.

Médecin désinfectant le haut du bras d'un homme âgé avant une vaccination, une seringue posée sur un plateau, dans un cabinet médical lumineux.
Image Omni-Vision

Une sensation de brûlure d’un seul côté du thorax, puis, deux jours plus tard, une traînée de petites cloques douloureuses qui suit le trajet d’une côte. Le diagnostic tombe : un zona. Et aussitôt, une question inquiète : faut-il éviter les petits-enfants, la fille enceinte, les collègues ? La réponse est plus subtile qu’un simple oui ou non.

Le zona ne s’attrape pas comme un rhume. Mais celui qui en souffre porte sur sa peau un virus capable de déclencher une autre maladie chez certaines personnes. Comprendre ce paradoxe suppose de revenir à l’origine de l’affection : une varicelle souvent oubliée depuis l’enfance.

Un virus endormi depuis la varicelle

Selon Santé.fr, le zona est une affection virale due à la réactivation du virus varicelle-zona, un virus de la famille des herpèsvirus. Après une varicelle, ce virus ne disparaît pas de l’organisme : il reste à l’état latent, tapi dans les ganglions des nerfs, parfois pendant des décennies. Un jour, il se réveille et descend le long d’un nerf jusqu’à la peau, où il provoque une éruption douloureuse limitée à la zone que ce nerf innerve.

C’est ce qui explique la forme si caractéristique du zona : une bande de lésions, le plus souvent d’un seul côté du corps. La peau devient d’abord sensible, avec une sensation de brûlure. En un à deux jours apparaissent des vésicules contenant un liquide clair, qui sèchent, forment des croûtes et tombent après une dizaine de jours. La douleur dure généralement trois à quatre semaines, parfois plusieurs mois : on parle alors de douleurs post-zostériennes.

Qui fait un zona, et pourquoi

Environ 20 % des personnes ayant eu la varicelle feront un zona au cours de leur vie, le plus souvent après 50 ans ou en cas d’immunodépression, selon Santé.fr. Le risque augmente au-delà de 65 ans. La grande majorité des personnes ne connaissent qu’un seul épisode ; environ 1 % en font un ou plusieurs autres.

Le réveil du virus est favorisé par une baisse de l’immunité, qu’elle soit due à une maladie, comme la mononucléose ou le VIH, ou à un traitement qui affaiblit les défenses, comme ceux de certains cancers ou maladies auto-immunes. Un stress prolongé, une fatigue chronique ou l’âge seul peuvent aussi jouer. Le système immunitaire, qui tenait le virus en respect depuis l’enfance, relâche un peu sa surveillance.

Contagieux, mais pas comme on le croit

C’est le cœur du malentendu. Le liquide contenu dans les vésicules du zona contient le virus varicelle-zona. Par contact direct avec ce liquide, il peut se transmettre à une personne qui n’a jamais eu la varicelle ni reçu le vaccin contre elle. Mais cette personne développera alors une varicelle, et non un zona.

On n’attrape pas le zona de quelqu’un : on peut seulement y attraper la varicelle qu’on n’a jamais eue.

Plusieurs précisions rassurent. Selon Santé.fr, contrairement à la varicelle, le zona ne se transmet pas par voie aérienne : il faut un contact avec les lésions. La contagiosité disparaît une fois les vésicules asséchées et recouvertes de croûtes. Et les personnes qui ont déjà eu la varicelle ou le zona ne risquent rien.

SituationRisque au contact d’un zona
Personne ayant déjà eu la varicelleAucun
Personne ayant déjà eu un zonaAucun
Personne n’ayant jamais eu la varicelle ni le vaccinRisque de varicelle par contact avec le liquide des vésicules
Contact à distance, sans toucher les lésionsPas de transmission par voie aérienne
Lésions sèches, recouvertes de croûtesPlus contagieuses

Les personnes à protéger

Le risque devient sérieux pour ceux chez qui une varicelle peut être grave. Santé.fr appelle à une vigilance particulière auprès des femmes enceintes, des nouveau-nés et des personnes immunodéprimées. Une future maman qui n’a jamais eu la varicelle, un bébé de quelques semaines ou un proche sous chimiothérapie doivent éviter tout contact avec les lésions.

Les précautions sont simples : couvrir les lésions d’un pansement jusqu’à leur dessèchement, et se laver les mains après avoir nettoyé ou touché les vésicules. Le zona est une maladie virale : comme pour le rhume ou la grippe, les antibiotiques n’agissent pas sur le virus lui-même, et c’est au médecin de décider du traitement adapté, en particulier pour soulager la douleur.

Un vaccin efficace, encore très peu utilisé

Il existe un vaccin contre le zona, le Shingrix. Selon Santé.fr, la Haute Autorité de santé le recommande aux personnes de 65 ans et plus, y compris celles qui ont déjà eu un zona, et aux personnes de 18 ans et plus qui ont un déficit immunitaire. Il se fait en deux doses espacées de deux mois, sans rappel. Il prévient le zona chez 79 % des personnes vaccinées, et chez celles qui en font tout de même un, il réduit de 87 % le risque de douleurs post-zostériennes. À noter : le vaccin contre la varicelle ne protège pas contre le zona.

Depuis le 14 décembre 2024, le vaccin est remboursé par l’Assurance maladie pour ces publics, rappelle Santé publique France. Il ne l’est pas pour les 50-64 ans sans risque particulier. Pourtant, la vaccination reste marginale. Selon le bulletin publié par Santé publique France en octobre 2026, au 31 décembre 2025, la couverture vaccinale contre le zona chez les 65 ans et plus n’était que de 8,8 % pour au moins une dose, et de 5,2 % pour le schéma complet à deux doses. Dans toutes les régions, elle restait inférieure à 15 % pour une dose.

La comparaison avec les autres vaccins des seniors est parlante. Selon le même bulletin, 57 % des personnes de 65 ans et plus avaient été vaccinées contre la grippe lors de la saison 2025-2026, et 17 % contre le Covid-19. Le vaccin contre le zona, plus récent et moins connu, part de beaucoup plus loin. Les données s’appuient sur les remboursements enregistrés par l’Assurance maladie : elles peuvent sous-estimer légèrement la couverture réelle, mais l’écart avec les autres vaccinations reste considérable. Or le bénéfice attendu n’est pas mince pour une maladie qui touche une personne sur cinq ayant eu la varicelle, et dont les douleurs peuvent gâcher des mois de vie. Les recommandations de la Haute Autorité de santé sur la place du Shingrix datent de mars 2024 : la diffusion de ce vaccin ne fait que commencer.

L’automne, période des rappels de vaccination contre la grippe, est une bonne occasion d’en parler à son médecin ou à son pharmacien. Pour le reste, Santé.fr rappelle les mesures qui entretiennent les défenses de l’organisme : un repos suffisant, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière. Et en cas de brûlure inhabituelle suivie de cloques d’un seul côté du corps, consulter rapidement permet d’être soigné au plus tôt.

Questions fréquentes

Peut-on attraper le zona au contact d'une personne malade ?

Non, on ne contracte pas un zona par contact. Mais le liquide des vésicules contient le virus varicelle-zona, qui peut donner la varicelle à une personne n'ayant jamais eu cette maladie ni reçu de vaccin contre elle. Les personnes qui ont déjà eu la varicelle ne risquent rien.

Combien de temps le zona est-il contagieux ?

Tant que les vésicules contiennent du liquide. Selon Santé.fr, la contagiosité disparaît une fois les vésicules asséchées et recouvertes de croûtes, ce qui survient généralement en une dizaine de jours. Le zona ne se transmet pas par voie aérienne, contrairement à la varicelle.

Qui doit éviter le contact avec une personne qui a un zona ?

Les femmes enceintes, les nouveau-nés et les personnes immunodéprimées qui n'ont jamais eu la varicelle demandent une vigilance particulière. Couvrir les lésions d'un pansement jusqu'à leur dessèchement et se laver les mains après les avoir touchées limite le risque.

Qui peut se faire vacciner contre le zona ?

La Haute Autorité de santé recommande le vaccin Shingrix aux personnes de 65 ans et plus, y compris celles qui ont déjà eu un zona, et aux personnes de 18 ans et plus immunodéprimées. Il se fait en deux doses espacées de deux mois et est remboursé pour ces publics depuis décembre 2024.

Sources

  • Santé.fr, Service public d'information en santé, « Le zona est-il contagieux ? », 6 mai 2025
  • Santé publique France, bulletin « Vaccination des adultes, données 2025 », édition nationale, 8 octobre 2026

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