Pourquoi il faut refaire le vaccin contre la grippe chaque année, contrairement à d'autres vaccins
Un vaccin contre le tétanos protège dix ans, celui contre la grippe une seule saison. La faute à un virus qui change sans cesse de visage, et à une protection qui s'émousse en quelques mois.
Le carnet de santé d’un adulte se remplit lentement : des rappels espacés de plusieurs années contre le tétanos, quelques vaccins de voyage, des injections de l’enfance qui protègent à vie. Et puis il y a cette exception qui revient chaque automne : le vaccin contre la grippe. Pour les personnes à qui il est recommandé, il faut le refaire tous les ans, sans exception. Pourquoi ce vaccin-là ne tient-il qu’une saison ?
La réponse tient en deux mots : le virus change. Et ce qui fonctionne contre la grippe de cet hiver ne protégera pas forcément contre celle du suivant.
Une maladie qui touche des millions de personnes chaque hiver
La grippe n’est pas un simple gros rhume. Selon Vaccination Info Service, le site d’information sur la vaccination du ministère de la Santé et de Santé publique France, l’épidémie touche chaque année entre 2 et 6 millions de personnes en France métropolitaine. Elle provoque une fièvre souvent élevée, des courbatures, une fatigue intense, et peut se compliquer de pneumonies, en particulier chez les personnes âgées et les malades chroniques.
Le site rappelle que la grande majorité des cas graves admis en réanimation présentent un facteur de risque. Et il souligne l’enjeu de la vaccination : environ 2 000 décès seraient évités chaque année chez les personnes âgées grâce à elle. Cette fièvre si épuisante, accompagnée de frissons et de tremblements, n’a rien de commun avec les petits rhumes d’hiver, même si les deux circulent à la même saison.
Un virus qui change de visage d’une année à l’autre
Pour comprendre pourquoi il faut se revacciner, il faut savoir comment fonctionne un vaccin. Il apprend au système immunitaire à reconnaître la surface d’un virus, comme on apprend à reconnaître un visage. Pour le tétanos ou la rougeole, ce visage ne change pas, et la mémoire immunitaire reste efficace pendant des années.
Le virus de la grippe, lui, se modifie en permanence. Les protéines qui hérissent sa surface, et que les anticorps apprennent à reconnaître, accumulent de petites mutations à chaque saison. Au bout de quelques mois, le virus en circulation ne ressemble plus tout à fait à celui de l’année précédente : les anticorps produits l’hiver dernier le reconnaissent moins bien, voire plus du tout. Vaccination Info Service le résume simplement : les souches de virus de la grippe en circulation ne sont pas les mêmes d’une année à l’autre.
Le vaccin contre la grippe n’est pas moins bon que les autres : il vise une cible qui se déplace chaque année.
C’est pourquoi la composition du vaccin est mise à jour tous les ans. Selon Vaccination Info Service, elle est actualisée chaque année en fonction des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Un réseau mondial de laboratoires surveille en permanence les virus grippaux qui circulent, et l’OMS recommande, plusieurs mois avant l’hiver, les souches à inclure dans le vaccin de la saison suivante. Ce délai est nécessaire pour produire des centaines de millions de doses à temps.
Les deux hémisphères ont d’ailleurs chacun leur vaccin. L’hiver austral et l’hiver boréal ne tombant pas aux mêmes mois, l’OMS formule ses recommandations deux fois par an : une fois pour le vaccin destiné à l’hémisphère Nord, une fois pour celui de l’hémisphère Sud. Les virus qui circulent dans un hémisphère pendant son hiver donnent souvent une indication précieuse sur ceux qui frapperont l’autre quelques mois plus tard. C’est ainsi que, chaque année, le vaccin distribué en France à l’automne tient compte de ce qui s’est passé pendant l’hiver austral précédent.
Une protection qui s’émousse en quelques mois
Le changement du virus n’est pas la seule raison. Vaccination Info Service indique aussi que la protection apportée par le vaccin peut diminuer après quelques mois. Même si le virus ne changeait pas, l’immunité conférée par le vaccin de l’an dernier aurait donc perdu une partie de son efficacité au moment de l’épidémie suivante.
| Vaccin | Durée de protection | Pourquoi |
|---|---|---|
| Grippe saisonnière | Une saison | Virus qui mute chaque année, protection qui diminue en quelques mois |
| Tétanos | Plusieurs années, avec rappels espacés | La toxine en cause ne change pas |
| Rougeole | Durable après deux doses | Virus très stable |
C’est aussi ce qui explique le calendrier de la vaccination. La protection est atteinte dans les deux semaines qui suivent l’injection, selon Vaccination Info Service, et une seule dose suffit. Mieux vaut donc se faire vacciner à l’automne, avant que l’épidémie ne démarre, pour être protégé au moment du pic hivernal. En 2026, la campagne de vaccination contre la grippe et celle contre le Covid-19 sont menées simultanément depuis le 13 octobre.
Un vaccin imparfait, mais qui évite les formes graves
Le vaccin contre la grippe n’est pas infaillible, et ses promoteurs ne le prétendent pas. Vaccination Info Service le reconnaît : la grippe est imprévisible et l’efficacité du vaccin varie d’une année à l’autre. Les années où les souches choisies correspondent bien à celles qui circulent, la protection est bonne. Les années où le virus a changé de façon inattendue entre le choix des souches et l’hiver, elle est plus faible.
Mais même quand il n’empêche pas de tomber malade, le vaccin a un intérêt majeur : selon la même source, il réduit le risque de complications graves ou de décès. C’est précisément pour cette raison qu’il est recommandé en priorité aux personnes pour qui la grippe peut devenir dangereuse.
Qui est concerné, et les idées reçues à oublier
Selon Vaccination Info Service, la vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée chaque année aux personnes âgées de 65 ans et plus, aux personnes atteintes de certaines maladies chroniques, aux femmes enceintes et aux personnes obèses. Elle est également ouverte aux enfants de 2 à 17 ans. Les personnes concernées peuvent se faire vacciner chez leur médecin, leur pharmacien ou leur infirmier.
Une idée reçue tenace veut que le vaccin donne la grippe. C’est impossible avec les vaccins injectables, fabriqués à partir de virus inactivés ou de fragments de virus incapables de se multiplier. Une petite douleur au bras ou une légère fatigue pendant un jour ou deux sont des réactions normales du système immunitaire, pas une grippe. Si l’on tombe malade dans les jours qui suivent, c’est le plus souvent qu’on avait été contaminé juste avant l’injection, avant que la protection ne soit en place, ou qu’il s’agit d’un autre virus respiratoire, très nombreux à cette saison.
Enfin, le vaccin ne dispense pas des gestes simples qui limitent la transmission de tous les virus de l’hiver : se laver les mains, tousser dans son coude, aérer les pièces chaque jour et porter un masque quand on est malade au contact de personnes fragiles. Des gestes qui protègent aussi les plus petits, comme les nourrissons exposés à la bronchiolite.
Questions fréquentes
Combien de temps après le vaccin est-on protégé contre la grippe ?
Selon Vaccination Info Service, la protection est atteinte dans les deux semaines qui suivent la vaccination. Une seule injection suffit. Mieux vaut donc se faire vacciner avant le début de l'épidémie, qui survient le plus souvent en hiver.
Le vaccin contre la grippe peut-il donner la grippe ?
Non. Les vaccins injectables contre la grippe utilisent des virus inactivés ou des fragments de virus, incapables de provoquer la maladie. Une légère fatigue ou une douleur au point d'injection peuvent apparaître, mais ce n'est pas la grippe. Si l'on tombe malade juste après le vaccin, c'est en général qu'on avait déjà été contaminé, ou qu'il s'agit d'un autre virus.
Qui doit se faire vacciner contre la grippe ?
La vaccination est recommandée chaque année aux personnes de 65 ans et plus, aux personnes atteintes de certaines maladies chroniques, aux femmes enceintes et aux personnes obèses, selon Vaccination Info Service. Elle est aussi ouverte aux enfants de 2 à 17 ans. Votre médecin ou votre pharmacien peut vous dire si vous êtes concerné.
Le vaccin contre la grippe est-il efficace à 100 % ?
Non. Son efficacité varie d'une année à l'autre, selon la correspondance entre les souches choisies et celles qui circulent réellement. Même quand il n'évite pas la maladie, il réduit le risque de complications graves et de décès, en particulier chez les personnes âgées et fragiles.
Sources
- Vaccination Info Service (ministère de la Santé, Santé publique France), page « Grippe », mise à jour le 13 octobre 2026