Vaccin contre les papillomavirus : ce que montrent vraiment les études sur son efficacité et ses risques

Proposé chaque année aux élèves de cinquième, filles comme garçons, le vaccin contre les HPV suscite encore des hésitations. Les grandes études menées en Suède, en Écosse et par Cochrane donnent pourtant des résultats très nets sur le cancer du col de l'utérus.

Infirmière appliquant un pansement sur le bras d'un collégien après une vaccination, dans l'infirmerie d'un établissement scolaire.
Image Omni-Vision

Chaque automne, dans des milliers de collèges, des formulaires d’autorisation partent dans les cartables des élèves de cinquième. Ils proposent aux parents de faire vacciner leur enfant contre les papillomavirus, gratuitement, à l’école. Certains signent sans hésiter, d’autres hésitent, inquiets de rumeurs entendues sur les effets indésirables ou persuadés que leur enfant est bien trop jeune pour être concerné.

Que sait-on réellement de ce vaccin ? Le service public d’information en santé, Santé.fr, a passé en revue en janvier 2026 les principales données disponibles, des essais cliniques aux études menées sur des millions de personnes vaccinées. Le bilan est l’un des plus solides de la prévention en santé.

Un virus très répandu, à l’origine de plusieurs cancers

Les papillomavirus humains, ou HPV, se transmettent lors des relations sexuelles. Selon Santé.fr, l’infection est très fréquente et passe le plus souvent inaperçue. Dans la majorité des cas, l’organisme élimine le virus. Mais certaines infections persistent et peuvent, au fil des années, provoquer des lésions précancéreuses puis des cancers.

Les HPV sont responsables de 99 % des cancers du col de l’utérus. Ils peuvent aussi provoquer des cancers de la vulve, du vagin, du pénis, de l’anus et de la sphère ORL, bouche et gorge. C’est pourquoi la vaccination concerne aussi bien les filles que les garçons.

Pourquoi vacciner dès 11 ans

Le vaccin recommandé en France est le Gardasil 9. Il est préventif : il protège contre l’infection, mais ne soigne pas une infection déjà installée. D’où l’intérêt de vacciner avant le début de la vie sexuelle, entre 11 et 14 ans. Depuis 2021, la vaccination concerne les garçons comme les filles, et elle est proposée systématiquement en classe de cinquième. Depuis mai 2025, un rattrapage est possible jusqu’à 26 ans révolus pour tous les jeunes adultes, sur recommandation de la Haute Autorité de santé.

L’âge compte aussi pour l’efficacité. Les données disponibles montrent que plus la vaccination est précoce, meilleure est la protection, comme l’illustrent les grandes études internationales.

Ce que montrent les grandes études

Les essais cliniques ont montré une efficacité proche de 100 % contre les lésions précancéreuses du col de l’utérus, et jusqu’à 90 % contre les infections aiguës. Mais ce sont surtout les études menées dans la population, après des années de vaccination, qui ont convaincu.

ÉtudePopulationRésultat
Suède, publiée en 2020Plus de 1,6 million de jeunes filles et de femmesRisque de cancer du col réduit de 88 %, davantage avant 17 ans
Écosse, publiée en 2024Environ 450 000 femmesAucun cas de cancer du col chez les femmes vaccinées à 12 ou 13 ans
Revue Cochrane, novembre 2025225 études, 132 millions de personnes vaccinéesRisque de cancer du col réduit de 80 % chez les filles vaccinées avant 16 ans

Au total, selon Santé.fr, la vaccination réduit les lésions précancéreuses de 8 % à 94 % selon les études, et les cancers du col de 80 à 90 %. Les plus jeunes au moment de la vaccination sont les mieux protégées. La revue Cochrane estime aussi que la vaccination réduit probablement la fréquence des verrues anogénitales. Une réduction des cancers ORL est jugée probable, et des études sont en cours.

L’étude écossaise apporte une autre nuance utile pour le rattrapage. Chez les jeunes femmes vaccinées plus tard, entre 14 et 22 ans au moment de la première injection, trois doses offraient une meilleure protection que des schémas plus courts. Autrement dit, la vaccination reste utile après l’adolescence, mais elle protège au mieux lorsqu’elle intervient tôt, avant toute exposition au virus. C’est tout l’enjeu de la proposition faite en cinquième : vacciner à un âge où l’immense majorité des enfants n’a encore jamais été en contact avec les papillomavirus. Les recommandations françaises s’appuient sur le calendrier vaccinal publié par le ministère chargé de la santé en octobre 2025 et sur l’avis de la Haute Autorité de santé de mai 2025, qui a élargi le rattrapage jusqu’à 26 ans pour tous les jeunes adultes, quel que soit leur sexe.

En Écosse, parmi les femmes vaccinées à 12 ou 13 ans, les chercheurs n’ont retrouvé aucun cas de cancer du col de l’utérus.

Et chez les garçons ?

Chez les hommes, une analyse de quatre essais regroupant 7 008 participants montre une efficacité de 92 % sur dix ans contre les lésions génitales externes. Le vaccin réduit aussi la détection d’ADN viral, ce qui limite la transmission et protège leurs partenaires. Les cancers génitaux masculins étant rares, leur diminution n’est pas encore démontrée par les études, faute de recul suffisant. Vacciner les garçons, c’est donc à la fois les protéger et freiner la circulation du virus dans toute la population.

Les effets indésirables réels

Comme tout vaccin, celui-ci peut provoquer des effets indésirables. Selon Santé.fr, les plus fréquents sont temporaires : douleur, rougeur ou démangeaisons au point d’injection, fièvre, douleurs articulaires ou musculaires. Les réactions allergiques graves sont très rares.

Des malaises brefs peuvent survenir juste après l’injection, comme avec d’autres vaccins chez les adolescents. C’est pourquoi une surveillance de quinze minutes est prévue après la vaccination. Santé.fr rappelle qu’un élève de cinquième est décédé en octobre 2023 en Loire-Atlantique, après une chute consécutive à un malaise survenu moins de quinze minutes après l’injection, un drame qui a rappelé l’importance de cette surveillance.

Les craintes les plus répandues ne sont en revanche pas confirmées. Selon l’ANSM, les études ne montrent pas d’augmentation des maladies auto-immunes, dont la sclérose en plaques, chez les personnes vaccinées. La revue Cochrane ne trouve pas de lien avec le syndrome de fatigue chronique, la paralysie, l’insuffisance ovarienne prématurée ou l’infertilité, ni avec l’activité sexuelle ou le risque d’infections sexuellement transmissibles. Pour le syndrome de Guillain-Barré, certaines études ne montrent pas de risque accru, avec un niveau de certitude jugé faible.

Une décision éclairée pour les parents

Le vaccin contre les papillomavirus s’inscrit dans le calendrier vaccinal, aux côtés d’autres vaccins de l’adolescence et de l’âge adulte, comme celui contre le zona après 65 ans ou celui contre la grippe chaque automne. Pour les parents qui hésitent, le médecin traitant, le pédiatre ou l’infirmière scolaire peuvent répondre aux questions.

La vaccination ne dispense pas du dépistage. Les femmes vaccinées doivent continuer à suivre le dépistage du cancer du col de l’utérus recommandé à l’âge adulte, puisque le vaccin ne couvre pas tous les types de papillomavirus. Mais sur la base des données accumulées depuis des années dans plusieurs pays, le constat est clair : vacciner les jeunes avant leur première exposition au virus fait reculer, de façon spectaculaire, l’un des rares cancers que l’on sait prévenir.

Questions fréquentes

À quel âge se faire vacciner contre les papillomavirus ?

La vaccination est recommandée pour les filles et les garçons de 11 à 14 ans, avant le début de la vie sexuelle. Elle est proposée systématiquement en classe de cinquième. Depuis mai 2025, un rattrapage est possible jusqu'à 26 ans révolus pour tous les jeunes adultes.

Le vaccin HPV est-il efficace contre le cancer ?

Oui, contre le cancer du col de l'utérus en particulier. Une revue Cochrane de novembre 2025 portant sur 225 études estime que le risque de cancer du col est réduit de 80 % chez les filles vaccinées avant 16 ans. En Écosse, aucun cas de cancer du col n'a été observé chez les femmes vaccinées à 12 ou 13 ans.

Le vaccin contre les papillomavirus provoque-t-il la sclérose en plaques ?

Non. Selon l'ANSM, les études ne montrent pas d'augmentation des maladies auto-immunes, dont la sclérose en plaques, chez les personnes vaccinées. La revue Cochrane ne retrouve pas non plus de lien avec la fatigue chronique, l'infertilité ou l'insuffisance ovarienne prématurée.

Pourquoi vacciner aussi les garçons ?

Les papillomavirus provoquent aussi des cancers chez l'homme, de l'anus, du pénis et de la sphère ORL. Chez les hommes, le vaccin est efficace à 92 % sur dix ans contre les lésions génitales externes, et il réduit la circulation du virus, ce qui protège aussi leurs partenaires. La vaccination des garçons est recommandée depuis 2021.

Sources

  • Santé.fr, Service public d'information en santé, « Quels sont les bénéfices et les risques du vaccin contre les papillomavirus ? », 12 janvier 2026, s'appuyant notamment sur la revue Cochrane du 24 novembre 2025, les études suédoise (NEJM, 2020) et écossaise (JNCI, 2024) et une fiche de l'ANSM de novembre 2023

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