Alcool : combien de verres par semaine sans trop de risque ? Les repères officiels et ce que contient vraiment un verre

Maximum deux verres par jour, dix par semaine, et pas tous les jours : ce repère officiel est simple, mais beaucoup le dépassent sans le savoir. Car un verre servi à la maison n'est pas un verre de bar. Comment compter, et pourquoi le seuil a baissé.

Demi de bière, ballon de vin rouge, flûte de champagne et petit verre de whisky alignés sur un comptoir de bar en bois.
Image Omni-Vision

Un verre de vin à l’apéritif, un autre pendant le dîner, une bière en regardant le match, deux coupes de champagne le samedi soir. Rien d’excessif en apparence, rien qui ressemble à de l’alcoolisme. Et pourtant, mis bout à bout sur une semaine, ces verres dépassent souvent les repères recommandés. Près d’un quart des adultes français sont dans ce cas, selon Santé publique France.

Les autorités de santé ont résumé leur message en un slogan, diffusé notamment lors d’une campagne nationale en 2019 : « Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours ». Derrière cette formule se cachent trois repères précis, une unité de mesure souvent mal comprise, et un changement de doctrine important.

Trois repères, et pas un de moins

Les repères de consommation à moindre risque ont été élaborés par un groupe d’experts mandaté par Santé publique France et l’Institut national du cancer. Ils tiennent en trois règles, à respecter ensemble.

RepèreCe qu’il signifie
Maximum 10 verres par semaineTotal hebdomadaire à ne pas dépasser
Maximum 2 verres par jourMême un jour de fête
Des jours sans consommationNe pas boire tous les jours

Le troisième repère est souvent oublié. Boire un verre chaque soir, soit sept par semaine, respecte les deux premiers, mais pas le troisième. L’objectif est d’éviter que la consommation devienne une habitude quotidienne.

Ces repères ne définissent pas une consommation sans risque. Santé publique France le dit clairement : les risques existent dès le premier verre quotidien. L’alcool favorise notamment des hémorragies cérébrales, des cancers et l’hypertension, et l’agence lui attribue environ 41 000 décès par an, ce qui en fait l’une des principales causes de mortalité évitable en France. Les repères indiquent seulement un niveau en dessous duquel le risque reste limité.

Le repère de deux verres par jour n’est pas un objectif à atteindre, mais une limite à ne pas dépasser.

Qu’est-ce qu’un « verre » ?

Toute la logique repose sur une unité : le verre standard, qui contient environ 10 grammes d’alcool pur. Selon une brochure de l’Agence nationale de sécurité du médicament, l’ANSM, un demi de bière, un verre de vin, une coupe de champagne, un verre de whisky, de pastis ou de cognac, tels qu’ils sont servis dans les bars, contiennent tous à peu près cette même quantité d’alcool.

Boisson, dose de barDegréVolumeAlcool pur
Demi de bière5°25 clEnviron 10 g
Ballon de vin12°10 clEnviron 10 g
Flûte de champagne12°10 clEnviron 10 g
Pastis45°3 clEnviron 10 g
Whisky, vodka ou digestif40°3 clEnviron 10 g

Le piège est ailleurs. L’ANSM prévient que les verres que l’on se sert à la maison sont souvent plus grands que ceux servis dans les bars. Un verre de vin généreusement rempli, une bière en grande canette ou un whisky versé sans doseur peuvent contenir deux verres standard, voire davantage. Compter « un verre » quand on en a bu l’équivalent de deux fausse complètement le calcul.

Compter en bouteilles

Il est souvent plus simple de raisonner à partir des contenants. L’ANSM donne les équivalences suivantes.

ContenantVerres standard
Petite bouteille de bière à 5°, 25 cl1
Canette de bière à 5°, 33 cl1,5
Canette de bière forte à 10°, 50 cl4
Bouteille de vin ou de champagne à 12°, 75 cl7
Bouteille de porto à 20°, 75 cl12
Bouteille de whisky, vodka ou digestif à 40°, 70 cl22
Bouteille de pastis à 45°, 70 cl25

Une bouteille de vin partagée à deux représente donc environ trois verres et demi chacun, soit plus que le repère quotidien. Une canette de bière forte de 50 cl équivaut à elle seule à deux jours de repère.

Des seuils revus à la baisse

Ces repères marquent un changement par rapport aux anciens seuils. La brochure de l’ANSM reprend en effet les limites autrefois diffusées, issues des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé : pas plus de 2 verres standard par jour en moyenne pour les femmes, 3 pour les hommes, et pas plus de 4 verres en une seule occasion. Les repères actuels ont abaissé et unifié ces seuils : 2 verres par jour au maximum pour tous, 10 par semaine, et des jours sans alcool.

Les données de Santé publique France montrent l’ampleur du défi. Selon le Baromètre santé 2017, près d’un quart des 18-75 ans dépassaient au moins un des repères, 33 % des hommes et 14 % des femmes. Les plus jeunes consomment de manière plus intense, tandis que les plus âgés boivent plus régulièrement.

Ce que l’alcool fait au corps

La brochure de l’ANSM détaille les risques d’une consommation excessive. À court terme : anxiété, difficultés sexuelles, ralentissement de la respiration et du rythme cardiaque, pertes de connaissance et « trous noirs », accidents et blessures, agressivité et violence, et dans les cas extrêmes intoxication potentiellement mortelle. À long terme, boire au-delà des seuils pendant des années expose à des maladies du foie, comme la cirrhose et le cancer du foie, à un risque accru de maladies cardiaques et de certains accidents vasculaires cérébraux, à des pertes de mémoire, à des ulcères de l’estomac, à la dépression et à plusieurs cancers, dont ceux du sein, de la bouche et de la gorge.

Tout le monde n’est pas égal face à l’alcool. À consommation égale, les femmes sont plus sensibles que les hommes : l’ANSM prend l’exemple d’un homme et d’une femme de corpulence moyenne qui se partagent une bouteille de vin à parts égales, et dont l’alcoolémie est plus élevée chez la femme en fin de repas. Avec l’âge, l’organisme transforme aussi moins bien l’alcool, met plus de temps à récupérer, et une chute peut avoir des conséquences plus graves. L’alcool apporte enfin beaucoup de calories : selon l’ANSM, ajouter chaque jour trois ou quatre whisky-coca ou vodka-orange à son alimentation habituelle peut faire prendre 2 kilos en quatre semaines.

Quand il vaut mieux ne pas boire du tout

Certaines situations imposent de s’abstenir. L’ANSM rappelle que les femmes enceintes ou qui souhaitent l’être, ainsi que celles qui allaitent, doivent s’abstenir de boire de l’alcool, car même une faible quantité peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant. Il ne faut pas boire avant de conduire ou d’utiliser des machines, ni mélanger l’alcool avec des médicaments, dont il peut réduire l’efficacité et augmenter les effets indésirables, comme avec le paracétamol, qui expose le foie. L’alcool est aussi déconseillé en cas de troubles psychiques comme la dépression, qu’il peut aggraver.

Pour faire le point sur sa propre consommation, Santé publique France met à disposition un alcoomètre sur le site alcool-info-service.fr, qui estime la consommation hebdomadaire et les risques associés. L’ANSM propose aussi quelques astuces simples : manger quelque chose avant le premier verre, et alterner avec des boissons sans alcool ou peu alcoolisées. Et si un repas de fête a été bien arrosé, mieux vaut laisser à l’organisme 48 heures sans alcool pour récupérer.

Questions fréquentes

Combien de verres d'alcool par semaine au maximum ?

Les repères de Santé publique France et de l'Institut national du cancer fixent un maximum de 10 verres standard par semaine, sans dépasser 2 verres par jour, avec des jours sans consommation dans la semaine. Ce sont des repères de consommation à moindre risque : le risque pour la santé existe dès le premier verre quotidien.

Qu'est-ce qu'un verre standard d'alcool ?

C'est une quantité contenant environ 10 grammes d'alcool pur. Selon l'ANSM, cela correspond à un demi de bière à 5 degrés de 25 cl, un ballon de vin ou une flûte de champagne à 12 degrés de 10 cl, ou 3 cl de whisky, de vodka ou de pastis, tels qu'ils sont servis dans les bars.

Combien de verres standard dans une bouteille de vin ?

Une bouteille de vin à 12 degrés de 75 cl contient environ 7 verres standard, selon l'ANSM. Une canette de bière à 5 degrés de 33 cl en contient 1,5, une canette de bière forte à 10 degrés de 50 cl en contient 4, et une bouteille de whisky de 70 cl en contient 22.

Dans quelles situations faut-il éviter totalement l'alcool ?

Pendant la grossesse, ou si l'on souhaite l'être, et pendant l'allaitement. Il faut aussi éviter l'alcool avant de conduire ou d'utiliser des machines, en cas de traitement médicamenteux, avec lequel il peut interagir, et en cas de troubles psychiques comme la dépression, qu'il peut aggraver.

Sources

  • Santé publique France, communiqué « Alcool et santé : améliorer les connaissances et réduire les risques », 26 mars 2019
  • ANSM, brochure « Votre consommation d'alcool : trop, c'est combien ? »

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