Pourquoi les tiques sont encore actives en octobre, et comment éviter la maladie de Lyme en automne
On les associe à l'été, mais les tiques restent actives jusqu'en novembre dans une grande partie de la France. Cueillette des champignons, promenades en forêt, jardinage : l'automne reste une saison à risque.
Octobre, un dimanche de cueillette. Le panier se remplit de cèpes et de girolles, on s’enfonce entre les fougères roussies, on s’agenouille dans les feuilles mortes pour dégager un pied de champignon. Le soir, en se déshabillant, on remarque un minuscule point noir derrière le genou, à peine plus gros qu’une tête d’épingle. Une tique. En plein automne, alors qu’on pensait la saison terminée.
L’idée que les tiques disparaissent avec l’été est l’une des plus répandues, et l’une des plus trompeuses. Selon Santé publique France, ces acariens restent généralement actifs d’avril à novembre dans les régions au climat continental, et peuvent même l’être toute l’année dans les régions plus douces. L’automne, saison des champignons et des longues promenades en forêt, reste donc une période d’exposition.
Des acariens qui attendent dans la végétation basse
En France, la principale tique en cause est Ixodes ricinus. Selon Santé publique France, elle vit dans les forêts de feuillus, les sous-bois, les prairies, mais aussi dans les parcs et jardins, y compris en ville. Elle ne saute pas et ne tombe pas des arbres, contrairement à une idée reçue : elle attend dans la végétation basse, herbes hautes, fougères, broussailles, qu’un animal ou un humain la frôle pour s’accrocher.
Le stade le plus souvent responsable des piqûres chez l’humain est la nymphe, qui ne mesure que 1 à 3 millimètres. C’est ce qui rend les tiques si difficiles à repérer : une nymphe fixée sur la peau ressemble à un grain de poussière ou à un petit grain de beauté. Et la piqûre est généralement indolore, si bien qu’on ne la sent pas.
L’automne multiplie les situations à risque : la cueillette des champignons, qui pousse à quitter les sentiers et à fouiller les sous-bois, les travaux de jardinage, le ramassage des feuilles, les promenades avec le chien dans les herbes hautes.
La maladie de Lyme, première maladie transmise par les tiques en France
La maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme, est une infection causée par des bactéries du groupe Borrelia burgdorferi, transmises par les tiques infectées. Selon Santé publique France, c’est la maladie transmise par les tiques la plus fréquente en France. Elle ne se transmet pas d’une personne à l’autre, ni par l’alimentation, ni par d’autres insectes.
Les chiffres varient fortement d’une année à l’autre. Santé publique France estime qu’en 2024, 35 147 cas ont été diagnostiqués en médecine générale, soit 53 cas pour 100 000 habitants. Entre 2009 et 2024, ce nombre a oscillé entre 26 146 cas en 2014 et 68 530 cas en 2018. La même année 2024, 633 personnes ont été hospitalisées pour une forme de la maladie. Les hospitalisations sont plus fréquentes entre juin et octobre, rappelle l’agence.
La géographie compte aussi. Selon une publication de Santé publique France de 2023, l’incidence est la plus élevée dans l’Est et le Centre du pays, et la plus faible dans l’Ouest et le Sud-Est méditerranéen. Les plus de 60 ans sont les plus touchés, même si tous les âges sont concernés.
Le risque augmente avec la durée de fixation
Une piqûre de tique ne signifie pas automatiquement une infection. Toutes les tiques ne sont pas porteuses de la bactérie, et la transmission n’est pas immédiate. Selon Santé publique France, elle dépend de la durée de contact : le risque augmente avec le temps pendant lequel la tique reste accrochée, et il est considéré comme faible lorsque la fixation est très courte.
Une tique retirée le soir même de la promenade a beaucoup moins de chances d’avoir transmis la maladie qu’une tique restée accrochée plusieurs jours sans être vue.
C’est tout l’enjeu de l’inspection du corps après une sortie. Santé publique France recommande d’examiner soigneusement sa peau après une exposition, en prêtant attention aux plis, et chez les enfants au cuir chevelu et à l’arrière des oreilles. Les zones chaudes et cachées, derrière les genoux, aux aisselles, à l’aine, à la ceinture, sont les plus fréquentes.
Bien retirer une tique, puis surveiller
Si l’on trouve une tique, il faut la retirer le plus rapidement possible. Santé publique France recommande d’utiliser de préférence un tire-tique, un petit crochet vendu en pharmacie, ou à défaut une pince fine. Il ne faut pas l’arracher avec les doigts. On désinfecte ensuite la zone de la piqûre.
Vient ensuite la surveillance : il faut observer la zone de la piqûre pendant quatre semaines. Le signe le plus fréquent d’une infection débutante est l’érythème migrant, une plaque rouge, non douloureuse, qui s’étend progressivement en anneau autour du point de piqûre. Selon Santé publique France, il apparaît généralement entre 3 et 30 jours après la piqûre, et il était présent dans 96,5 % des cas renseignés vus en médecine générale en 2024. Son apparition, ou celle d’une fièvre, d’une fatigue ou de douleurs inhabituelles, justifie de consulter un médecin, qui pourra prescrire un traitement antibiotique adapté.
Un antibiotique préventif juste après la piqûre n’est en revanche pas recommandé. Non traitée, la maladie peut évoluer vers des formes plus tardives, avec des atteintes neurologiques, articulaires, cutanées, cardiaques ou oculaires, parfois des mois après la piqûre.
Les enfants, premières cibles des promenades d’automne
Les enfants méritent une attention particulière. Ils jouent dans les tas de feuilles, s’assoient dans l’herbe, traversent les buissons, et leur petite taille met leur tête et leur cou à hauteur de la végétation où attendent les tiques. C’est pourquoi Santé publique France recommande, chez eux, d’inspecter tout particulièrement le cuir chevelu et l’arrière des oreilles. Une inspection rapide au moment du bain du soir, après une journée passée en forêt, au jardin ou au parc, permet de repérer une tique avant qu’elle n’ait eu le temps de transmettre quoi que ce soit.
Les gestes de prévention à garder en automne
| Geste | Pourquoi |
|---|---|
| Rester sur les sentiers balisés, éviter les herbes hautes | Les tiques attendent dans la végétation basse |
| Porter des vêtements longs et couvrants | Limite l’accès de la tique à la peau |
| Choisir des vêtements clairs | Les tiques s’y repèrent plus facilement |
| Utiliser un répulsif sur la peau ou les vêtements | Réduit le risque de piqûre |
| Inspecter tout le corps au retour | Permet un retrait rapide, avant transmission |
| Retirer la tique avec un tire-tique ou une pince fine | Évite d’écraser la tique ou d’en laisser une partie |
| Surveiller la zone pendant quatre semaines | Repérer un érythème migrant à temps |
Il n’existe pas de vaccin contre la maladie de Lyme, rappelle Santé publique France : la prévention repose entièrement sur ces gestes. Ils sont pourtant encore inégalement adoptés. Selon le Baromètre de Santé publique France 2024, 23 % des adultes se sentaient exposés aux piqûres de tiques. Parmi eux, 81 % portaient des vêtements longs, 65 % inspectaient leur corps au retour, et seulement 28 % utilisaient un répulsif cutané. Les animaux de compagnie, qui rapportent volontiers des tiques à la maison, méritent aussi une inspection après chaque promenade.
Questions fréquentes
Jusqu'à quand les tiques sont-elles actives ?
Selon Santé publique France, les tiques sont généralement actives d'avril à novembre dans les régions au climat continental. Dans les régions plus douces, elles peuvent l'être toute l'année. Une promenade en forêt en octobre expose donc encore aux piqûres.
Comment retirer une tique correctement ?
Il faut la retirer le plus vite possible, de préférence avec un tire-tique vendu en pharmacie, ou à défaut avec une pince fine. Santé publique France recommande de ne pas l'arracher avec les doigts. On désinfecte ensuite la zone de la piqûre et on la surveille pendant quatre semaines.
Faut-il prendre des antibiotiques après une piqûre de tique ?
Non. Selon Santé publique France, une antibiothérapie préventive après une piqûre n'est pas recommandée. Il faut en revanche surveiller la zone de la piqûre et consulter un médecin si une plaque rouge qui s'étend apparaît, ou en cas de fièvre ou de douleurs inhabituelles.
Existe-t-il un vaccin contre la maladie de Lyme ?
Non, il n'existe pas de vaccin contre la maladie de Lyme ni contre les piqûres de tiques. Un vaccin existe seulement contre une autre maladie transmise par les tiques, l'encéphalite à tiques. La prévention repose donc sur la protection contre les piqûres et leur retrait rapide.
Sources
- Santé publique France, « Lyme disease: the disease », page mise à jour le 20 février 2026
- Santé publique France, « Lyme disease: data », page mise à jour le 20 février 2026
- Santé publique France, « Lyme disease and tick bite prevention: what is the current situation in France? », 25 mai 2023