Poux : comment s'en débarrasser vraiment, lentes, peigne fin et seconde application, et les erreurs qui les font revenir
Un mot dans le cahier de liaison, un enfant qui se gratte derrière les oreilles, et la chasse aux poux commence. Le bon traitement existe, mais il exige de la méthode : ne traiter que si l'on voit des poux vivants, peigner mèche par mèche et recommencer huit jours plus tard.
Le mot est arrivé dans le cahier de liaison : « Des poux ont été signalés dans la classe. » Le soir même, l’enfant se gratte derrière les oreilles, et les parents se lancent dans une inspection anxieuse sous la lampe de la salle de bains. Shampoing, lotion, peigne, lessive générale : beaucoup de familles connaissent ce marathon, parfois répété plusieurs fois dans l’année.
Les poux sont sans gravité, mais tenaces. Le service public d’information en santé, Santé.fr, s’appuyant sur l’expertise de l’Association française de pédiatrie ambulatoire, a fait le point sur les méthodes qui marchent, et sur les erreurs qui expliquent tant de récidives.
Connaître l’ennemi
Le pou de tête est un petit insecte gris de 2 à 3 millimètres, qui vit uniquement sur le cuir chevelu humain. Il ne transmet aucune maladie. Il se nourrit de sang en piquant deux à trois fois par jour, et ce sont ces piqûres qui provoquent les démangeaisons, surtout derrière les oreilles et dans la nuque.
| Repère | Chiffre, selon Santé.fr |
|---|---|
| Taille du pou | 2 à 3 mm |
| Repas de sang | 2 à 3 par jour |
| Durée de vie sur la tête | Environ un mois |
| Survie hors du cuir chevelu | Trois jours au maximum |
| Ponte | Environ 10 lentes par jour |
| De la lente au pou adulte | 7 jours |
Les lentes sont ses œufs. Blanches ou gris clair, elles sont pondues à la base des cheveux et solidement collées : contrairement aux pellicules, elles ne partent pas au shampoing. Un pou adulte pond une dizaine de lentes par jour, d’où la rapidité avec laquelle une infestation s’installe.
La vie en collectivité favorise la propagation, en particulier chez les enfants de 3 à 12 ans. La transmission se fait surtout par contact direct, tête contre tête, plus rarement par des objets partagés : bonnets, foulards, peignes, brosses, oreillers ou écouteurs. Les poux humains ne vivent pas sur les animaux : le chat ou le chien de la maison n’y sont pour rien.
Ne traiter que si l’on voit des poux vivants
C’est la première erreur, et la plus fréquente. Selon Santé.fr, une infestation se confirme par la présence de poux vivants. Des lentes seules ne suffisent pas : elles peuvent correspondre à une infestation passée, déjà traitée. Les faux diagnostics sont fréquents et conduisent à des traitements inutiles.
Pour vérifier, il faut un bon éclairage et, de préférence, des cheveux humides. On démêle d’abord avec un peigne ordinaire, puis on passe un peigne à poux, fin et rigide, mèche par mèche, en essuyant le peigne sur un linge clair entre chaque passage. Ce qu’on y trouve guide la suite.
| Ce que l’on trouve | Ce qu’il faut faire |
|---|---|
| Lentes, sans pou vivant | Ne pas traiter, recontrôler la semaine suivante |
| Poux vivants et lentes | Traiter, et prévenir l’école |
| Ni poux ni lentes | Aucun traitement |
Une lente collée à un cheveu raconte souvent une infestation passée ; seul un pou vivant justifie un traitement.
Les bons produits, et le peigne indispensable
Les produits ont beaucoup changé. Selon Santé.fr, la plupart des insecticides, comme le malathion ou les pyréthrines, ont été retirés du marché en raison de leur toxicité et des résistances développées par les poux. Les produits asphyxiants sont désormais privilégiés, et aucune résistance n’a été signalée à leur égard. Parmi eux, la diméticone, une huile de silicone, mais aussi l’oxyphthirine ou le myristate d’isopropyle, qui déshydratent les poux, ou encore certaines huiles et la cire d’abeille.
Une précaution importante : la diméticone est inflammable. Les cheveux traités doivent rester éloignés de toute flamme ou source de chaleur, comme un sèche-cheveux ou une cigarette, jusqu’au rinçage.
Le peigne reste l’outil clé. Santé.fr le présente comme une étape essentielle pour retirer les poux morts et les lentes, idéalement avec un peigne métallique, qui peut être trempé dans de l’eau vinaigrée. Chez une enfant aux cheveux longs, la séance peut durer une heure. Le produit seul, sans peignage soigneux, laisse souvent des lentes qui écloront quelques jours plus tard.
Tous les produits ne se valent pas. Santé.fr cite un test comparatif de l’UFC-Que Choisir réalisé en 2009 sur onze produits, dont seuls quatre s’étaient montrés efficaces contre les lentes. Le test date et ne couvrait pas tout le marché, mais il rappelle qu’un produit qui tue les poux adultes ne détruit pas forcément leurs œufs, d’où l’importance du peigne et de la seconde application. Dans tous les cas, il faut suivre scrupuleusement la notice : durée de pose, quantité à appliquer, rinçage.
La seconde application, à ne jamais oublier
C’est la deuxième grande cause d’échec. Selon Santé.fr, refaire le traitement huit jours après le premier est indispensable. La raison tient au cycle du pou : certaines lentes survivent à la première application et éclosent dans les jours qui suivent. Comme une lente devient un pou adulte en sept jours, la seconde application, au huitième jour, élimine ces nouveaux poux avant qu’ils n’aient pondu.
Quand les poux persistent malgré tout, Santé.fr invite à vérifier l’application : durée de pose, quantité suffisante de produit, respect de la notice. Les shampoings, moins concentrés que les lotions, sont aussi moins efficaces. Une réinfestation à l’école reste possible, tout comme, plus rarement, une résistance des poux au produit utilisé.
Linge, prévention et idées reçues
Inutile de transformer la maison en blanchisserie. Selon Santé.fr, sauf infestation massive, décontaminer vêtements et literie n’est pas indispensable, et les insecticides pour l’environnement, souvent coûteux, présentent peu d’intérêt. Le linge et les peluches peuvent être lavés à 60 °C ou enfermés quelques jours dans un sac plastique, le pou ne survivant pas plus de trois jours hors de la tête. Les peignes et brosses se trempent chaque jour dans de l’eau chaude.
Pour limiter les risques, quelques gestes simples : attacher les cheveux longs, ranger bonnet, casquette ou foulard dans la manche du blouson à l’école, ne pas échanger bonnets, casques, brosses ou peignes. Certaines pratiques sont en revanche à éviter, selon Santé.fr : traiter sans avoir vu de poux vivants, traiter systématiquement toute la famille, utiliser des shampoings anti-poux ou des produits répulsifs à l’efficacité non prouvée, raser les cheveux, ou évincer l’enfant de l’école.
La bonne approche consiste plutôt à peigner toute la famille sous un bon éclairage, à traiter en même temps les seules personnes chez qui des poux vivants ont été trouvés, et à prévenir les parents de la classe pour que les autres enfants soient examinés rapidement. Les démangeaisons, elles, ont parfois un effet contagieux sans aucun pou, comme nous l’expliquions à propos de l’envie de se gratter en voyant quelqu’un se gratter.
Questions fréquentes
Faut-il traiter si on ne trouve que des lentes ?
Non. Selon Santé.fr, une infestation se confirme par la présence de poux vivants. Des lentes seules peuvent correspondre à une infestation ancienne. Dans ce cas, on ne traite pas et on recontrôle la tête la semaine suivante.
Quel est le traitement le plus efficace contre les poux ?
Les produits asphyxiants, comme la diméticone, sont désormais privilégiés, sans résistance signalée, car la plupart des insecticides ont été retirés du marché en raison de leur toxicité et des résistances. Le passage du peigne fin reste une étape essentielle, et le traitement doit être refait 8 jours plus tard.
Pourquoi faut-il refaire le traitement au bout de 8 jours ?
Parce que les lentes qui ont survécu à la première application éclosent ensuite, et qu'une lente devient un pou adulte en environ 7 jours. La seconde application, 8 jours après la première, élimine ces nouveaux poux avant qu'ils ne pondent à leur tour.
Faut-il laver tout le linge en cas de poux ?
Pas forcément. Selon Santé.fr, sauf infestation massive, décontaminer vêtements et literie n'est pas indispensable. Le linge et les peluches peuvent être lavés à 60 °C ou enfermés quelques jours dans un sac plastique, car un pou ne survit pas plus de trois jours hors du cuir chevelu.
Sources
- Santé.fr, « Comment venir à bout des poux de tête ? », contenu de l'Association française de pédiatrie ambulatoire, 19 octobre 2020