DLC ou DDM : quelle différence, et peut-on manger un produit après la date indiquée ?

« À consommer jusqu'au » et « à consommer de préférence avant » ne disent pas du tout la même chose. L'une est une limite de sécurité, l'autre une promesse de qualité, et les confondre fait jeter des millions de tonnes de nourriture chaque année.

Placard de cuisine ouvert avec des paquets de pâtes, de riz, des conserves et des bocaux, à côté d'un réfrigérateur contenant des produits frais.
Image Omni-Vision

Un paquet de biscuits « à consommer de préférence avant » le mois dernier, un pot de crème fraîche « à consommer jusqu’au » avant-hier, un sachet de riz dont la date remonte à l’an passé. Devant le placard ou le réfrigérateur, la même hésitation revient : jeter ou garder ? Beaucoup tranchent par précaution et mettent tout à la poubelle. C’est souvent une erreur, parfois une sage décision, et tout se joue dans trois ou quatre mots imprimés sur l’emballage.

Il existe en effet deux dates très différentes, avec deux formulations qui se ressemblent. La première protège votre santé. La seconde ne garantit que le goût et la texture. Les confondre a un coût considérable : selon l’ADEME, citée par le ministère de l’Économie, près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont jetées chaque année en France.

La DLC : une limite de sécurité à ne pas dépasser

La date limite de consommation, ou DLC, se reconnaît à sa formule : « À consommer jusqu’au… ». Selon Service-public, c’est la date après laquelle la consommation d’un produit devient dangereuse pour la santé. Le ministère de l’Économie la décrit comme une limite impérative après laquelle la denrée ne doit plus être consommée.

On la trouve sur les produits frais très périssables, ceux dans lesquels des bactéries peuvent se multiplier rapidement, même au réfrigérateur : viandes et poissons frais, charcuteries, plats cuisinés frais, certains produits laitiers. Le risque ne se voit pas toujours : un produit peut sembler parfait à l’œil et à l’odeur tout en contenant des bactéries dangereuses, comme la listeria ou les salmonelles.

La loi est stricte pour les commerçants. Il est interdit de proposer un produit à la vente le lendemain de sa DLC, précise Service-public. Un vendeur qui le fait, même par négligence, risque une amende de 1 500 euros par produit périmé proposé à la vente.

La DDM : une promesse de qualité, pas de sécurité

La date de durabilité minimale, ou DDM, s’annonce autrement : « À consommer de préférence avant le… » ou « à consommer de préférence avant fin… ». Selon Service-public, c’est une date indicative. Elle concerne les produits à longue conservation : pâtes, riz, céréales, biscuits, conserves, café, chocolat, farine, épices.

Passé cette date, le produit ne devient pas dangereux. Selon le ministère de l’Économie, il peut être consommé sans risque si son emballage est intact et que ses qualités visuelles et olfactives sont inchangées. Il peut simplement avoir perdu un peu de saveur, de croquant ou de valeur nutritionnelle : des biscuits un peu moins croustillants, un café moins aromatique, des épices plus fades. Un produit à DDM dépassée peut d’ailleurs légalement être vendu, rappelle Service-public.

La DLC dit « attention à votre santé », la DDM dit seulement « il sera meilleur avant ».

DLCDDM
Mention sur l’emballage« À consommer jusqu’au… »« À consommer de préférence avant… »
Ce qu’elle garantitLa sécurité sanitaireLa qualité gustative et nutritionnelle
Après la dateNe plus consommerConsommable si l’emballage est intact et le produit d’aspect et d’odeur normaux
Vente après la dateInterdite dès le lendemainAutorisée
Produits typiquesViandes, poissons, plats frais, certains produits laitiersPâtes, riz, conserves, biscuits, café

Une mention ajoutée en 2022 pour lever l’ambiguïté

Pour limiter le gaspillage, un décret publié au Journal officiel le 18 novembre 2022 permet aux fabricants de clarifier la DDM. Selon le communiqué du ministère de l’Économie, ils peuvent ajouter devant la date la formule « Pour une dégustation optimale », et compléter avec la mention « Ce produit peut être consommé après cette date », ou une formule équivalente, dans le même champ visuel.

Ces mentions restent facultatives, mais elles se multiplient sur les emballages. Elles visent précisément à corriger le réflexe de jeter un paquet de pâtes ou de riz parfaitement bon, au seul motif qu’une date est dépassée.

Les produits sans date, et le cas des surgelés

Certains aliments ne portent aucune date. Service-public indique que la mention de la DDM n’est pas obligatoire pour plusieurs catégories de produits, notamment les fruits et légumes frais, les vins, les vinaigres, le sel, les sucres en morceaux et les chewing-gums. Le sel et le sucre, en particulier, sont eux-mêmes des agents de conservation qui privent les micro-organismes de l’eau dont ils ont besoin, comme on l’explique à propos du sel et du sucre dans la conservation des aliments.

Les produits congelés obéissent à une règle supplémentaire. Selon Service-public, la mention « Produit congelé le… », qui indique la date de congélation, est obligatoire pour les viandes et préparations de viandes congelées, ainsi que pour les produits de la pêche non transformés congelés. Une fois décongelés, ces produits ne doivent pas être recongelés tels quels, une règle dont les raisons sont détaillées dans notre article sur la recongélation des aliments décongelés.

Les bons réflexes pour moins jeter

Quelques habitudes simples réduisent le gaspillage sans prendre de risque. On distingue toujours les deux mentions avant de décider : une DLC dépassée signifie poubelle, une DDM dépassée invite à regarder, sentir et goûter. On range le réfrigérateur en plaçant devant les produits dont la DLC est la plus proche, pour les consommer en premier. On vérifie la température du réfrigérateur, qui conditionne la validité de la DLC : une date n’a de sens que si le produit a été conservé dans les conditions indiquées sur l’emballage.

La conservation à la maison compte autant que la date elle-même. Le ministère de l’Agriculture rappelle que la température du réfrigérateur doit être maintenue entre 0 et 4 °C dans sa partie la plus froide, et que les plats cuisinés doivent y être placés au plus tard deux heures après leur préparation. Un réfrigérateur trop chaud, trop rempli ou ouvert sans cesse raccourcit la vie des produits frais, au point qu’un aliment peut s’altérer avant même sa DLC. Le même ministère recommande de nettoyer et de désinfecter le réfrigérateur tous les mois : un geste simple qui limite la contamination d’un produit à l’autre.

Une précaution s’impose enfin pour les produits entamés. La date imprimée concerne le produit fermé. Une fois ouvert, un aliment frais se conserve beaucoup moins longtemps, et il faut suivre les indications de l’emballage, souvent formulées en nombre de jours après ouverture. Pour les produits secs à DDM, un emballage bien refermé, à l’abri de l’humidité, suffit généralement à préserver leur qualité bien au-delà de la date indiquée, comme le pain qui rassit plus vite au réfrigérateur qu’à température ambiante.

Questions fréquentes

Peut-on manger un yaourt après sa date limite ?

Si l'emballage porte la mention « à consommer jusqu'au », il s'agit d'une DLC : la consommation après cette date peut présenter un risque pour la santé, et le produit ne doit plus être vendu. La prudence impose de ne pas le consommer. Si la mention est « à consommer de préférence avant », c'est une DDM, et le produit reste consommable si l'emballage est intact et que son aspect et son odeur sont normaux.

Un magasin peut-il vendre un produit dont la date est dépassée ?

Tout dépend de la date. Il est interdit de proposer à la vente un produit le lendemain de sa DLC, sous peine d'une amende de 1 500 euros par produit périmé, selon Service-public. En revanche, un produit dont la DDM est dépassée peut légalement être vendu.

Pourquoi certains produits n'ont-ils pas de date ?

La mention de la DDM n'est pas obligatoire pour certains produits, comme les fruits et légumes frais, les vins, les vinaigres, le sel, les sucres en morceaux ou les chewing-gums. Ils se conservent très longtemps ou leur fraîcheur se juge à l'œil.

Que signifie la mention « Produit congelé le » ?

C'est la date à laquelle le produit a été congelé. Elle est obligatoire pour les viandes et préparations de viandes congelées, ainsi que pour les produits de la pêche non transformés congelés. Elle permet de savoir depuis combien de temps l'aliment est au congélateur.

Sources

  • Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, « À la maison, les bons gestes d'hygiène font toute la différence »
  • Service-public.gouv.fr, Direction de l'information légale et administrative, « Date limite de consommation (DLC), date de durabilité minimale (DDM), congélation », vérifié le 6 février 2026
  • Ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, communiqué de presse « La date de durabilité minimale mieux explicitée pour éviter le gaspillage alimentaire », 18 novembre 2022

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